L’énorme pression exercée aujourd’hui sur les collectivités locales conduit leur étranglement. Cela s’explique par le double effet de l’action gouvernementale et de la gestion de la crise financière.
Nicolas Sarkozy avec l’appui de la BCE et d’Angela Merkel, veut faire croire à un grand sauvetage par l’austérité de la zone Euro et de pays en difficulté, austérité qui serait la seule façon de la gérer la crise économique, financière, sociale et environnementale.
L’effet est redoutable pour notre ville avec la charge d’un lourd emprunt toxique de la Royal Bank of Scotland qui aux conditions actuelles nous entraîne vers une dépense supplémentaire estimé à 1,5 million d’euros sur la seule année 2012. Aberrant ce système libéral qui favorise le capital plutôt que le travail. Il est pour nous fondamental de se déconnecter des marchés financiers.
Les Rouennaises et Rouennais n’ont pas à payer de leurs revenus les intérêts d’emprunt au profit d’une banque qui spécule sur le dos de notre collectivité.
Dans le sens de ce que préconise l’Association nationale des élus communistes et républicains, nous sollicitons donc auprès du Maire un moratoire sur le paiement des intérêts des emprunts toxiques de la ville.
Car il ne faut pas aller chercher bien loin pour en être convaincu : l’austérité ne règlera en rien la crise. Au contraire en conduisant à la récession, elle nous y enfoncera toujours plus.
Il faut des changements en profondeur. Dès aujourd’hui nous devons dire notre volonté de faire de la résistance, Nous voulons faire de la politique, de l’économique différemment, avec l’objectif essentiel de répondre en priorité aux besoins humains et non à ceux de la finance !
Nous avons besoin d’un pôle bancaire public qui développe un autre crédit, qui permet des dépenses utiles tant pour les collectivités que pour les entreprises. Une politique de crédit sélectif tourné vers les investissements qui favorisent l’emploi, la formation, la recherche et le social…Cette idée portée par le Front de gauche est le fruit de la convergence des préoccupations des salariés des institutions et des acteurs du mouvement social et politique. On peut envisager de cette façon de reprendre le pouvoir sur les banques ! Notre règle d’or à nous ce ne sont pas les agences de notation, ni l’austérité mais l’Humain d’abord.
Les droits humains, la coopération et la solidarité sont des valeurs que nous défendons. Promouvoir le vivre ensemble, l’intérêt général, le progrès social dans un pays riche comme le nôtre est nécessaire au développement des territoires, au développement humain.
Concernant le volet des recettes. L’impôt est juste quand il pénalise la spéculation financière et quand il favorise le développement social et économique. C’est le sentiment que la contribution fiscale de chacun est équitablement partagée, que personne n’y échappe et que chacun y contribue en fonction de ses moyens.
Dans l’équilibre de nos recettes de fonctionnement, prévoir une grille équilibrée de tarification des repas pris à la cantine par les enfants des familles rouennaises va dans le bon sens. Une tarification sociale c’est juste !
Les conditions de restriction budgétaire dans lesquelles nous développons les politiques publiques ont un impact sur le service public local et sur le personnel territorial. Pour nous c’est une question éthique : nous devons être en mesure d’assurer un climat de confiance, d’ambition des services rendus à la population et non générer de la souffrance, de l’insatisfaction, de la raréfaction des ressources humaines…
Nous notons donc avec satisfaction le maintien des effectifs nécessaires au fonctionnement des services. Cela va dans les sens des revendications légitimes exprimées par les agents, encore dernièrement par ceux des bibliothèques. De la même façon nous soutenons l’engagement de la ville sur la formation des personnels.
Nous veillerons en tout les cas au respect de ces engagements pris. En aucun cas la politique gouvernementale ne doit déteindre sur notre collectivité via une RGPP à la sauce communale.
Après avoir évoqué l’impact sur le personnel, je veux dire aussi combien nos populations vivent des situations de violence où bien souvent les perspectives d’avenir sont extrêmement difficiles.
En direction des habitants, nos dépenses en 2012 seront marquées par des investissements forts, réfléchis, choisis dans des secteurs comme la petite enfance avec la création de crèches auxquelles s’ajoutent un nouveau groupe scolaire sur la rive gauche, des travaux sur les équipements sportifs… Nous soulignons également la politique de développement du logement social soutenant ce droit fondamental.
Des investissements lancés pour rendre notre ville plus agréable à vivre sont à souligner, tels que l’aménagement de la place des Emmurées.
Il y a aussi du positif concernant les efforts faits par la restauration scolaire en particulier sur l’approvisionnement. Le CCAS mène une politique de soutien aux familles les plus en difficulté, aux personnes en situation d’urgence et la nouvelle résidence est un signe fort d’amélioration en direction des personnes âgées.
Concernant l’agenda 21, les aménagements cyclables très attendus des rouennais marquent une volonté de trouver des alternatives aux déplacements automobiles. Il en est de même à propos de la règlementation de la circulation des poids lourds qui doit nous permettre de mieux vivre et mieux respirer à Rouen.
Pour conclure nous ne cèderons pas à cette asphyxie financière qui pourrait conduire certains à recourir aux options de Partenariat public-privé ou de Délégation de service public à tout va. Dans le même esprit nous avons exprimé notre désaccord au sujet de ce beau palais des sports financé par de l’argent public et qui se voit nommé par un groupe privé, se transformant ainsi en panneau de publicité.
La maîtrise des finances publiques est une condition majeure de la maîtrise des affaires publiques. Dans cet esprit la lutte contre les inégalités qu’elles soient sociales, territoriales restera notre ligne de conduite pour nous élus communistes et citoyen.
Hélène Klein, présidente du groupe