motion Décidons Rouen – PCF Pour une tarification solidaire des transports en commun.

manuIntervention de Manuel Labbé, en soutien à la motion Décidons Rouen – PCF, adopté, portant sur le transport en commun au conseil municipal du 15 octobre 2018

20181009 – DR – PCF – Motion d’urgence – Pour une tarification solidaire des t.._

Nous apparaissons évidemment en soutien de cette motion avec une co-signature que l’on retrouve dans l’intervention que j’ai faite il y a une semaine en conseil métropolitain au sujet du rapport de la SOMETRAR gestionnaire historique d’une partie de l’offre de transport en commun de l’agglomération rouennaise avec le métro et aujourd’hui gérée par la TCAR.

L’argumentaire que j’ai porté pour le groupe métropolitain PCF rejoint donc cette motion soumise au débat aujourd’hui, notamment sur les 3 conditions rappelées pour développer l’usage du transport en commun avec une tarification d’abord solidaire (cad basée sur une tarification sociale sur le modèle de ce que nous avons obtenu pour la restauration scolaire – le nous étant pluriel  évidemment chers camarades écolo et socialistes !). Il est essentiel d’insister parmi ces 3 conditions sur l’importance première de renforcer notre réseau, de le densifier, d’élargir ses dessertes sur tout le territoire métropolitain, d’étendre son amplitude horaire (pour nos concitoyens aux horaires atypiques et aux étudiants noctambules). Cela passe bien entendu par le maintien de notre capacité  d’investissement. J’ai lourdement insisté là-dessus (bien que le Président Sanchez, inattentif à mes propos, ne m’ait repris que sur ce sujet alors que j’abordai ensuite la question de la gratuité).

Car oui cette motion nous la soutenons avec d’autant plus de ferveur que nos camarades écolo sont aujourd’hui également convaincus que cette question de la gratuité va – non pas faire débat comme le dit le texte (seul petit bémol que je ferai dans l’écriture du texte) – mais s’imposer à nous comme une évidence dans les décennies à venir. Ces décennies où l’urgence climatique sera telle que malgré le développement de véhicules électriques la congestion croissante des villes nécessitera de circuler essentiellement par ces transports en commun, en vélo ou à pied.

Une fois de plus, les députés communistes sont d’ailleurs précurseurs dans leur anticipation de l’avenir puisque Hubert Wulfranc et ses camarades, à l’assemblée, ont déposé le 19 septembre dernier une proposition de loi visant à encourager la gratuité des transports collectifs urbains et périurbains.

Oui il faut encourager cette gratuité pour qu’elle se mette en place le plus rapidement possible et qu’on inverse enfin l’évolution du climat.

D’abord dans son exposé des motifs, ce texte insiste sur l’importance de la mobilité propre et durable comme enjeu d’avenir mondial.

– le transport en commun est un outil essentiel de la lutte contre le réchauffement climatique

– … et ………………………………………….. de santé publique.

D’où l’importance de favoriser la gratuité et d’en faire un nouveau droit, comme l’est déjà le droit au transport garanti depuis 1982 en France dans la loi d’orientation sur les transports intérieurs ! Mais ce droit est limité par le coût que paye l’usager et ce coût est un frein à la fréquentation. On le constate avec les résultats remarquables dans les 31 collectivités françaises qui ont mis en place la gratuité totale ou partielle. L’exemple récent de Dunkerque en à peine un mois est exemplaire ; celui d’Aubagne (100 000 habitants dans l’intercommunalité), pionnière en son genre en 2009, où la gratuité demeure bien que la ville ait été absorbée par la métropole Aix- Marseille, avec une fréquentation qui a augmenté de 170 % pendant que le trafic routier a baissé de 10 % en 8 ans. A Châteauroux (75 000 habitants), même constat avec un triplement de la fréquentation.

Notons, et c’est important dans le contexte récent sur la ligne T2, que dans toutes ces agglomérations le constat est fait d’un apaisement des rapports entre la population et les chauffeurs et une diminution des incivilités.

… preuve que cette gratuité est un véritable enjeu social à travers une gratuité d’accompagnement pour les usagers les plus modestes et une gratuité «émancipatrice » permettant de s’affranchir de la loi du marché.

– En rendant du pouvoir d’achat aux usagers et à leurs familles, la gratuité est un enjeu économique, notamment en matière de redynamisation des commerces des centres villes.

– la gratuité devient enfin un outil de mixité de sociale. En rendant l’accès au transport en commun gratuit, on transforme le transport public en espace public ouvert à toutes et tous. A l’instar d’une place publique, chacun-chacune se trouve à égalité dans un espace où les rapports marchands sont abolis, où l’égalité d’accès est garantie par la gratuité des transports en commun. La ville devient alors accessible à tous, ce qui crée un nouveau droit à la ville, non lié aux moyens financiers pour se déplacer.

Enfin, en diminuant la place de la voiture en ville on poursuit la transformation durable de l’espace urbain qui peut être dédié à de nouveaux usages propres, aux piétons, aux cyclistes.

J’en reste là pour la mise en exergue de tous les avantages de la gratuité ; on aura l’occasion, projet contre projet, de développer cette question dans les mois qui viennent. Mais pour terminer, je voudrais une fois de plus répondre donc à ceux qui nous opposent systématiquement la question du coût de cette Révolution.

La gratuité c’est « le produit et/ou le service débarrassé du prix mais pas du coût». Et nous retrouvons évidemment dans la proposition de loi des députés communistes toutes les dispositions financières visant à soutenir spécifiquement le passage à la gratuité des collectivités.

  1. TEXTE DE LOI pp. 6-7.

Je compléterai sur la situation locale et une facture estimée à 25 millions d’euros mais largement contestable puisque elle ne prend en compte que le coût sans étude sérieuse et prospective sur les économies de fonctionnement à court et long terme,

– aucune étude sérieuse prenant en compte l’économie de fonctionnement sur le coût des contrôles et de la gestion administrative des amendes.

– aucune étude prenant en compte le coût de bus circulant à moitié

vide parce que trop coûteux

– aucune étude prenant en compte les recettes fiscales supplémentaires d’une agglomération attractive.

– aucune étude estimant la valeur, inquantifiable, de l’apaisement social en évitant la violence que représentent la fraude et les tensions générées.

– Et enfin, aucune étude prévoyant, demain, le coût pour nos collectivités de la pollution automobile croissante, de la mortalité liée aux pics de pollution qui augmente, du coût sanitaire des maladies pulmonaires liées à cette pollution (pour mémoire un rapport du Sénat de 2015 estimait le coût annuel de la pollution à plus de 100 milliards d’euros par an !!!).

Donc la gratuité ce n’est pas le « vieux rêve mensonger du demain » «on rase gratis» ! La gratuité n’est pas non plus une vérité universelle et dogmatique ; elle se construit patiemment – le temps de développer le réseau – en développant d’abord la tarification sociale, la gratuité pour les – de 26 ans, la gratuité lors de pics de pollution ou lors des WE par exemple. En ce sens d’ailleurs la gratuité est une réelle expérience de démocratie locale, … à l’image de celle que nous mettons en place sur la consultation relative aux rythmes scolaires !

 

 

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