Un projet d’envergure mais une philosophie libérale
Le débat qui se mène aujourd’hui sur le projet de développement de « l’axe seine » est important : du bassin parisien aux deux Normandie, il concerne des centaines de milliers personnes. Mais nous devons rappeler que ce débat s’inscrit dans le projet dit du Grand Paris dont la philosophie libérale en termes d’aménagement urbain et de transports n’est pas la nôtre : il s’agit ici de développer principalement les centres d’affaires en les desservant prioritairement. Nous sommes bien loin des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens.
Un projet qui doit être au service des populations de tous les territoires concernés
Mais revenons à ce débat sur la ligne nouvelle (un débat qui devrait aussi avoir lieu à la CREA). A notre sens, ce projet devrait se fixer pour objectif de dynamiser le développement économique et industriel de l’ensemble des territoires concernés, il doit permettre d’améliorer les conditions de vie et de travail, de transports et de déplacement des populations de ces mêmes territoires.
Complètement à l’inverse des politiques menées actuellement au service de l’ultra libéralisme, nous affirmons avec force la nécessité de la solidarité entre les territoires plutôt que leur mise en concurrence, la nécessité d’un développement économique et industriel harmonieux et équilibré, s’appuyant sur les nombreux savoirs faire des filières industrielles locales. Il en va du développement de l’emploi et de tous les bassins de vie concernés, à l’inverse d’une logique de concentration en métropole et d’une désertification des zones rurales et urbaines de taille plus réduite.
Dans ce sens, la Ligne Nouvelle Paris Normandie peut et doit être un outil au service d’un développement de ce type pour nos territoires.
Une ligne « haute performance » et un réseau régional renforcé pour le confort des usagers
D’autre part, il est vraiment nécessaire de mettre en place cette nouvelle ligne rapidement. Elle permettra de mieux répondre aux besoins des milliers de voyageurs qui empruntent au quotidien une ligne vétuste. Ceci est dénoncé depuis longtemps par les associations d’usagers, de nombreux élus et les syndicats de la SNCF. Les conditions de transports doivent s’améliorer, pas seulement en terme de temps de liaison mais aussi en accessibilité, en capacité d’accueil, en régularité, en fiabilité et en cadencement, qui font encore défaut à l’heure actuelle. Il est plus que nécessaire de mettre en œuvre une ligne de haute performance qui est sans aucun doute plus adaptée qu’une ligne de grande vitesse. La construction de la nouvelle gare Rouen rive gauche permettra aussi d’améliorer le service rendu.
Le développement de cette nouvelle ligne ne doit pas s’opposer à l’amélioration du réseau local. Au contraire cette ligne doit devenir l’axe central d’un réseau densifié de lignes régionales. Nous attendons des garanties sur ce point.
Dans tous les cas, ces améliorations nécessaires ne devront pas se traduire par un surcoût à faire porter aux usagers.
Affirmer l’utilité du triage de Sotteville pour le développement du fret ferroviaire
Notons aussi l’importance du transport des marchandises. Plus de 80% de celles-ci passent par la route en Haute-Normandie, il faut inverser cela et mettre en œuvre une véritable politique en faveur notamment du fret ferroviaire mais aussi fluvial. Pour cela, nous devons réaffirmer l’intérêt du triage de Sotteville-lès-Rouen aujourd’hui honteusement abandonné, avec des conséquences dramatiques en terme d’emplois dans notre agglomération. Actuellement des centaines de locomotives sont à l’arrêt. Ceci représente une incohérence avec les objectifs que nous avons de réduction d’émission de gaz à effets de serre.
Les collectivités de gauche doivent être à l’offensive
Nous estimons que dans ce débat les collectivités doivent prendre des engagements forts dans un contexte où les résistances à la politique de démantèlement des fondements de notre pays s’organisent. Des résistances citoyennes mais aussi institutionnelles.
Avec les salariés de la SNCF il faut poursuivre la lutte résolue contre la libéralisation du réseau ferré et affirmer la primauté du service public dans le domaine des transports tant de voyageurs que du fret.
Dès maintenant, et c’est en lien avec le débat qui nous rassemble ce soir, il faut dire que l’actuelle réforme des collectivités locales entrave le développement des services et les investissements nécessaires et indispensables à la bonne miss en œuvre de la nouvelle ligne. Comment maintenir et développer nos services publics locaux, éléments incontournables pour répondre aux besoins de la population et aux besoins économiques de nos territoires, face à une politique qui pousse à tout rentabiliser ?
Nous pouvons également soutenir la proposition de Céline Brulin, Vice-Présidente du conseil régional, qui consiste à créer un nouveau syndicat des transports fédérant l’ensemble des autorités organisatrices de transports haut normandes afin de bien coordonner le développement ferroviaire sur nos territoires et mettre en place une véritable intermodalité des transports.
Cela passe bien évidemment par un renforcement du service public de la SNCF.
Des garanties nécessaires de la part de l’Etat dans le sens d’un haut niveau de financement public
Enfin, dernier point, nous attendons de l’Etat des éclaircissements concernant les financements de ce projet d’intérêt national. Nous ne devons pas tomber dans ces « Partenariats Public-Privé » aux effets pervers qui montrent toutes leurs limites, notamment en matière de contrôle par les citoyens et qui contribuent à financiariser les services publics.
je partage l’esprit et la prise en compte des besoins quotidiens des normands dans un grand pole d’échanges économiques à développer région parisienne / normandie