Communiqué du PCF de Rouen
La prostitution à Rouen est un problème récurent. Ces derniers mois, il en a été particulièrement question avec des mouvements de protestation de résidents de quartiers où se trouvent de nombreuses prostitué-es ou encore avec l’arrestation et la mise en garde à vue de personnes pour racolage.
A chaque fois, le scénario est le même : les prostitué-es sont placé-es en garde à vue, condamné-es à payer des amendes. Les « clients », eux, ne sont jamais inquiétés. Ils sont simplement « entendus » par les forces de police. Effectivement, la prostitution n’est pas interdite en France. Notre législation interdit le proxénétisme d’une part et le racolage d’autre part, criminalisant ainsi les prostitué-es. Notre législation nous place donc devant le paradoxe suivant : tolérance pour les uns « acheteurs de services sexuels », punition pour les autres, victimes du système prostitutionnel.
Le PCF se prononce très clairement contre la prostitution et contre toutes formes de traite des êtres humains. Cette question est largement taboue dans notre société et dans notre ville alors que de nombreuses personnes sont victimes de ce système de vente et de traite de l’humain. La prostitution pose la question de la tolérance des violences à l’encontre des femmes (dans certains cas de mineurs et d’enfants), du rapport entre les genres, de la conception de la sexualité dans nos sociétés modernes. Les conditions de vie des personnes prostitué-es sont méconnues et pourtant ce sont souvent de vrais calvaires qui sont vécus par ces personnes.
Dans les pays où la prostitution est légalisée, ou réglementée, les trafics ne sont nullement empêchés, ni les violences et les contraintes. Réglementer la prostitution, c’est avant tout donner des droits aux proxénètes et accepter la domination et la marchandisation du corps.
A contrario, en Suède, où la prostitution est assimilée à « un acte de violence envers les femmes et les enfants », à une exploitation des êtres humains, à un frein à toute égalité entre les sexes, ce sont les « clients » qui sont poursuivis pénalement. Cette forme de législation originale a permis une baisse drastique du nombre de personnes prostituées, ainsi que la quasi élimination du trafic de femmes étrangères. Il s’agit là d’un exemple législatif à examiner quand le notre ne pas fait ses preuves en matière de prévention et lutte contre les violences.
Nous estimons que ce sujet mérite une vraie prise en compte, un véritable débat, permettant de mieux appréhender la réalité du phénomène prostitutionnel sur notre territoire, et d’apporter des réponses concrètes pour sortir de cette violence.
Le 8 septembre 2009
Une initiative à creuser absolument. Paris normandie du 16 septembre relatait une affaire de racolage à l’origine d’un « bouchon » Bd des belges. Outre le côté malsain d’une telle information qui cache mal un humour lourd et déplacé, la conclusion est éclairante pour ce juste combat que vous menez : « garde à vue pour la prostituée » ; « simple contrôle pour son client »
Bravo pour ce positionnement clair et ferme. Il faut que le débat soit relancé !