
La volonté de fermeture de l’agence de la Caisse d’Epargne de la Grand Mare au cœur d’un quartier engagé dans un projet de renouvellement urbain suscite légitimement des réactions de mécontentement et de mobilisation de la part des habitants et de la ville. D’autant que cette décision est en contradiction flagrante avec la convention de partenariat signée au niveau national entre la Caisse d’Epargne et l’Agence nationale de rénovation urbaine en faveur des zones urbaines sensibles et de leurs habitants -
Les motifs invoqués au niveau local pour tenter de justifier cette fermeture apparaissent comme des faux prétextes. Cette décision est avant tout dictée par la logique essentiellement financière qui prévaut actuellement au sein du groupe.
L’abandon du but non lucratif des Caisses d’Epargne avec leur transformation en société anonyme coopérative a ouvert les portes de leur gestion à la recherche de la seule rentabilité financière au détriment des missions sociales et d’intérêt général.
Les choix financiers récents enfoncent les caisses d’épargne dans une crise profonde et lourde de conséquences. Effondrement en Bourse de Natixis, la filiale commune de la Caisse nationale des caisses d’épargne et des Banques populaires, du fait notamment de son exposition à la crise américaine des subprime, effondrement en Bourse de Nexity, le promoteur immobilier racheté juste avant que le marché ne se retourne.
Sans parler des conséquences de la remise en cause du monopole de la distribution du Livret A dont profitaient jusqu’à présent les Caisses d’épargne (ainsi que La Poste) et qui va prendre fin le 1er janvier 2009. Le gouvernement, se pliant aux injonctions de la Commission européenne, s’est en effet engagé, dans un processus de « banalisation » du Livret « A ». En clair, le patronat bancaire pourra mettre la main sur une bonne partie de la collecte de cette épargne populaire pour en faire un produit financier régi selon les règles du rendement et du risque.
Le logement social, financé aujourd’hui à 80% par cette ressource, sera contraint d’emprunter à taux plus élevés sur le marché financier. Ainsi, c’est tout le système de financement du logement social qui est en danger, alors que les besoins sont plus criants que jamais.
La fermeture de l’Agence de la Grand Mare s’inscrit en fait dans le plan social annoncé par la direction du groupe qui prévoit 4500 suppressions d’emplois et la fermeture de 1000 agences, notamment dans les quartiers populaires et les zones rurales considérées comme les moins rentables. Malheureusement la nouvelle « Banque postale » est elle aussi engagée dans une suppression de ses agences postales dans la logique d’ouverture totale à la concurrence et de privatisation programmée par le gouvernement et la commission européenne pour 2007.
L’heure est donc à la mobilisation des habitants et des élus pour empêcher cette fermeture et défendre les outils de l’épargne populaire et plus largement la présence des services publics de proximité menacée par la politique libérale que met en oeuvre avec acharnement le gouvernement.
Le groupe des élus communistes et citoyens de la ville de Rouen